Photo : El Pantera, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons (recadrée)
Schotten Totten
Neuf bornes entre deux clans écossais, trois cartes de chaque côté de chaque borne, et une main de six cartes qui ne suffit jamais. Le petit duel de Reiner Knizia où il faut sans cesse choisir ce qu'on sacrifie.
Notre avis sur Schotten Totten
Schotten Totten est un jeu de cartes pour deux, paru en Allemagne en 1999 et réédité par Iello en 2016 pour ses vingt ans, avec les illustrations de Djib. Neuf bornes sont alignées entre les deux joueurs, qui représentent deux clans écossais en dispute pour la frontière. De chaque côté de chaque borne, on pose jusqu'à trois cartes, et la meilleure combinaison emporte la borne. Il en faut cinq, ou trois côte à côte, pour gagner.
Les combinaisons rappellent le poker : trois cartes qui se suivent dans la même couleur battent un brelan, qui bat trois cartes de la même couleur, qui battent une suite, qui bat le reste. Les cartes vont de 1 à 9 dans six couleurs. Rien de compliqué. La difficulté vient d'ailleurs : on a six cartes en main, on doit en poser une à chaque tour, et on ne peut jamais la reprendre. Très vite, on pose des cartes qu'on ne voulait pas poser, sur des bornes qu'on n'avait pas prévu de disputer, simplement parce qu'il faut jouer.
C'est ce qui fait la force du jeu. Chaque tour est un petit renoncement : sacrifier une borne pour en sécuriser deux autres, commencer une suite en espérant que la carte manquante n'est pas déjà dans la main de l'adversaire, garder un 9 pour le bon moment. Et comme on peut revendiquer une borne dès qu'on prouve, cartes visibles à l'appui, que l'autre ne pourra plus faire mieux, l'observation de ce qui est déjà sorti compte autant que les cartes en main.
Une partie dure une vingtaine de minutes, et on enchaîne volontiers la revanche. La boîte contient aussi des cartes Tactique, qui ajoutent des effets spéciaux pour les joueurs qui connaissent déjà bien le jeu. Autour de quinze euros, c'est l'un des meilleurs duels de cartes du rayon, et l'un des plus faciles à sortir avec quelqu'un qui ne joue pas souvent.
Le verdict
Points forts
- Des règles de poker simplifiées, comprises en cinq minutes
- Une vraie tension à chaque carte posée : il faut toujours sacrifier quelque chose
- La preuve pour revendiquer une borne récompense l'attention
- Parties courtes, revanche immédiate
- Les cartes Tactique pour renouveler le jeu une fois maîtrisé
- Petite boîte, autour de quinze euros
Points faibles
- Strictement à deux joueurs
- La pioche peut frustrer quand la carte attendue ne vient pas
- Les cartes Tactique alourdissent le jeu pour les débutants
Note de la rédaction
Les règles de Schotten Totten en bref
Les deux joueurs s'affrontent pour neuf bornes alignées entre eux. Le premier qui en revendique cinq, ou trois adjacentes, gagne la partie.
Bon à savoir : Pour une première partie, laissez les cartes Tactique dans la boîte. La variante expert de la règle demande en plus de revendiquer les bornes au début de son tour, avant de jouer sa carte : un détail qui suffit à rendre le jeu nettement plus exigeant.
À qui s'adresse Schotten Totten ?
- Les couples et les binômes qui cherchent un duel court et malin
- Les amateurs de poker ou de belote qui veulent un vrai jeu de société à deux
- Les joueurs qui ont aimé Lost Cities, du même auteur
- Les parents qui jouent avec un enfant à partir de 8 ans
Schotten Totten, Battle Line et Schotten Totten 2
Schotten Totten a eu une seconde vie sous un autre nom. En 2000, l'éditeur américain GMT Games l'a publié sous le titre Battle Line, avec un thème militaire antique et des cartes de 1 à 10. C'est dans cette version que sont apparues les cartes Tactique, reprises ensuite dans les rééditions de Schotten Totten.
En 2020, Reiner Knizia et Iello ont publié Schotten Totten 2, qui n'est pas une extension mais un autre jeu. Il est asymétrique : un joueur assiège un château, l'autre le défend, chacun avec ses propres règles. Si vous aimez le premier, le second en garde l'esprit tout en changeant la façon de jouer ; si vous n'en achetez qu'un, commencez par le premier, plus simple à expliquer.
Questions fréquentes sur Schotten Totten
Il y a de la pioche, donc une part de chance, mais les décisions pèsent beaucoup plus que dans un jeu de cartes classique. Le choix de la borne où poser, le moment où l'on sacrifie une carte forte et la lecture des cartes déjà sorties font la différence. Entre deux joueurs de niveau différent, le plus expérimenté gagne la grande majorité des parties.
Pas au début. Le jeu de base se suffit à lui-même et c'est avec lui qu'on apprend à lire les bornes. Les cartes Tactique ajoutent des jokers, des changements de règle sur une borne et des coups bas : elles rendent le jeu plus vif mais aussi plus chaotique. Ajoutez-les quand vous connaissez le jeu de base par cœur.
Les deux sont des duels de cartes de Reiner Knizia, rapides et accessibles. Lost Cities est un jeu de prise de risque : on décide quelles expéditions lancer et on pose ses cartes dans l'ordre croissant. Schotten Totten est un jeu d'affrontement direct, borne par borne, où l'on surveille sans cesse le jeu de l'autre. Le premier est plus calme, le second plus tendu.