The Mind
3,5 millions d'exemplaires vendus, As d'Or 2019, nominé au Spiel des Jahres 2018. The Mind est le jeu qui a divisé le monde du jeu de société. "Est-ce seulement un jeu ?" Le débat fait rage.
Notre avis sur The Mind
The Mind est le jeu le plus controversé de la décennie 2010. Créé par Wolfgang Warsch (un designer autrichien qui a sorti The Mind, Quacks of Quedlinburg et That's Pretty Clever la même année, un triplé historique), il s'est vendu à plus de 3,5 millions d'exemplaires dans le monde. Il a remporté l'As d'Or 2019 du Jeu de l'Année en France et a été nominé au Spiel des Jahres 2018 en Allemagne. Et pourtant, il a déclenché un débat qui n'est toujours pas résolu : "Est-ce que c'est vraiment un jeu ?"
Le concept tient en une phrase : les joueurs doivent poser leurs cartes numérotées de 1 à 100 dans l'ordre croissant, sans communiquer. Pas un mot. Pas un geste. Pas un regard complice (enfin, en théorie). Chacun a ses cartes en main et doit "sentir" le bon moment pour poser. Au niveau 1, chaque joueur a 1 carte. Au niveau 2, 2 cartes. Au niveau 3, 3 cartes. Et ainsi de suite jusqu'à la victoire ou l'épuisement de vos vies.
La première réaction est toujours la même : "Mais c'est du pur hasard !" Et pourtant, après quelques parties, quelque chose de surprenant se passe. Vous commencez à "sentir" les rythmes des autres joueurs. Celui qui a un 4 le pose rapidement après le début du niveau. Celui qui a un 78 attend longtemps. Le temps d'attente AVANT de poser devient le seul langage du jeu. Les groupes qui jouent régulièrement ensemble deviennent objectivement meilleurs, ce qui prouve qu'il y a bien une compétence, même si elle est difficile à nommer.
Sur les forums (BGG 7,0/10, Tric Trac) le jeu divise violemment. D'un côté, les joueurs qui parlent d'"expérience quasi-spirituelle", de "connexion unique entre les joueurs", de "moments de tension incroyables quand tout le monde retient son souffle". De l'autre, ceux qui y voient "un générateur de hasard avec du suspense artificiel" et qui ne comprennent pas le succès critique. Les deux camps ont des arguments valables.
Ce qu'il faut accepter avant de jouer : The Mind n'est pas un jeu de stratégie. Ce n'est pas un jeu de réflexion. C'est un jeu de connexion humaine. Les moments magiques, ce sont ceux où deux joueurs posent le 45 et le 46 à une seconde d'intervalle, où toute la table explose de joie pour quelque chose d'objectivement absurde. C'est un jeu qui crée de l'émotion à partir de presque rien.
Les critiques les plus fréquentes : certains niveaux sont injouables si les cartes sont trop proches (23 et 25 chez deux joueurs différents, bonne chance). Le jeu dépend aussi beaucoup du groupe. Avec des joueurs impatients ou sceptiques, ça tombe à plat. Et certains joueurs développent involontairement des "tells" (tics, respirations) qui ressemblent à de la communication, ce qui crée des disputes sur "c'est de la triche ou pas".
Le verdict
Points forts
- Expérience de jeu unique, comme rien d'autre sur le marché
- Tension et euphorie collectives incroyables
- Règles en 30 secondes, accessible à tous
- 3,5 millions de copies vendues, As d'Or 2019
- Se joue partout, matériel minuscule (~12€)
Points faibles
- Divise radicalement : on adore ou on n'accroche pas du tout
- Part de hasard quand les cartes sont trop proches
- Pas de stratégie au sens classique du terme
- Dépend beaucoup du groupe (joueurs impatients = expérience ratée)
- Débat permanent sur les "tells" involontaires
Note de la rédaction
Les règles de The Mind en bref
The Mind se joue en niveaux. À chaque niveau, vous avez plus de cartes à poser dans l'ordre croissant. En silence total.
Bon à savoir : Le seul "langage" autorisé est le temps. Si vous avez un 15, vous posez vite après le début du niveau. Si vous avez un 85, vous attendez longtemps. Les groupes qui jouent souvent ensemble développent naturellement ce "timing partagé" qui est le vrai cœur du jeu.
À qui s'adresse The Mind ?
- Les groupes qui veulent vivre une expérience de jeu originale et émotionnelle
- Les couples et petits groupes de 3-4 joueurs
- Les fans de jeux coopératifs qui cherchent quelque chose de différent
- Les joueurs ouverts d'esprit prêts à lâcher prise
- Ceux qui aiment quand un jeu crée de vrais moments de connexion
The Mind Extrême
Wolfgang Warsch a sorti une version plus difficile : The Mind Extrême.
Ce qui change
- Deux piles : les cartes blanches doivent être posées en ordre croissant et les cartes rouges en ordre décroissant. Deux piles à gérer simultanément, toujours en silence
- Difficulté accrue : le cerveau doit jongler entre "monter" et "descendre", ce qui rend la synchronisation encore plus complexe
- Même magie : les moments de tension et d'euphorie sont encore plus intenses quand ça fonctionne
Notre conseil : commencez absolument par le jeu de base. Si votre groupe accroche et que vous arrivez à battre les niveaux avancés régulièrement, The Mind Extrême renouvelle le défi de manière significative. Mais si vous galérez déjà au niveau 6 du jeu de base, l'Extrême ne fera qu'ajouter de la frustration.