King of Tokyo
Vous incarnez un monstre géant qui veut détruire Tokyo. Lancez vos dés à la manière du Yams, tapez les autres, soignez-vous, gagnez de l'énergie pour acheter des cartes. Du Richard Garfield (créateur de Magic), de la baston, et des parties qui filent en 30 minutes.
Notre avis sur King of Tokyo
King of Tokyo est sorti en 2011 et trône depuis dans tous les bons rayons. Son auteur n'est autre que Richard Garfield, le créateur de Magic the Gathering. Quand un type de cette envergure conçoit un jeu familial sur des monstres géants qui se tapent dessus, il faut prêter attention. Et le résultat tient toutes ses promesses : c'est nerveux, drôle, parfaitement calibré, et un enfant de 8 ans peut battre son père sans problème.
Le principe est limpide. Vous incarnez un monstre (Gigazaur, Cyber Bunny, The King...) et vous voulez devenir le Roi de Tokyo. Pour gagner, deux options : être le seul monstre encore vivant, ou atteindre 20 points de victoire. À votre tour, vous lancez 6 dés façon Yams (jusqu'à trois lancers en gardant ou relançant les faces). Chaque face fait quelque chose de différent : les chiffres rapportent des points, les griffes font des dégâts, les éclairs donnent de l'énergie, les cœurs soignent.
La pépite du jeu, c'est la mécanique de Tokyo. Quand vous attaquez et que personne n'occupe Tokyo, vous prenez sa place. Avantage : vous gagnez des points facilement et vos attaques touchent tous les autres en même temps. Inconvénient : tout le monde tape sur vous et vous ne pouvez plus vous soigner. Le dilemme est constant : sortir de Tokyo à temps ou tenir pour grappiller des points ? C'est cette tension qui rend chaque partie palpitante.
L'énergie permet d'acheter des cartes pouvoir : des bonus permanents (lasers en plus, points gratuits, doubles dégâts) ou des effets ponctuels. Une bonne combinaison de cartes peut renverser une partie en deux tours. Le côté "kingmaker" peut frustrer (le mourant choisit qui il achève), mais ça fait aussi partie du charme.
Les parties durent 25 à 35 minutes. La règle s'explique en 5 minutes. Les illustrations cartoon sont superbes. Et à 6 joueurs, c'est un grand bordel hilarant où tout le monde tape sur tout le monde. Le seul vrai défaut : à 2 joueurs, le jeu perd beaucoup de son intérêt. C'est un jeu de groupe, pas un jeu de duel. Mais à partir de 4, c'est l'un des meilleurs jeux familiaux du marché.
Le verdict
Points forts
- Signé Richard Garfield (Magic) : un game design impeccable
- Règles en 5 minutes, parties en 30 minutes
- Thème de monstres assumé et amusant pour tout âge
- Excellent à partir de 4 joueurs, monte jusqu'à 6
- Beaucoup d'extensions disponibles pour relancer l'intérêt
Points faibles
- Insipide à 2 joueurs : préférez King of Tokyo Duel
- Forte part de chance aux dés, parfois frustrant pour les stratèges
- Effet "kingmaker" : le joueur en train de mourir peut décider du vainqueur
- Boîte volumineuse pour ce qu'elle contient
Note de la rédaction
Les règles de King of Tokyo en bref
King of Tokyo est un jeu de dés et d'élimination pour 2 à 6 joueurs. Soyez le dernier monstre debout, ou le premier à atteindre 20 points de victoire.
Bon à savoir : L'erreur classique des débutants : foncer dans Tokyo dès le premier tour. Tenez Tokyo quand vous avez 8+ PV et au moins une carte de soin alternative. Sinon, vous serez démoli en 2 tours. Sortir au bon moment vaut souvent mieux que tenter le coup d'éclat.
À qui s'adresse King of Tokyo ?
- Les familles avec enfants dès 8 ans : illustrations cartoon, thème universel
- Les groupes de 4 à 6 joueurs : c'est là que le jeu prend toute sa dimension
- Les fans de Yams et de jeux de dés : la sensation est familière mais en mieux
- Les soirées d'apéro : règle expliquée en 5 minutes, parties courtes
- Les amateurs de Richard Garfield (Magic) : on retrouve son sens du timing
King of Tokyo, King of New York et les extensions
L'écosystème King of Tokyo est riche. King of New York (2014) est une version "améliorée" : on peut bouger entre quartiers, l'armée intervient, les cartes Building et les célébrités ajoutent de la profondeur. C'est plus stratégique mais aussi plus long et plus complexe. Si vous trouvez Tokyo trop léger, c'est lui qu'il vous faut.
Côté extensions, Power Up ajoute des cartes d'évolution propres à chaque monstre (super sympa). Halloween et Anubis apportent de nouveaux monstres et mécaniques. À 2 joueurs, King of Tokyo Duel (2024) est conçu spécifiquement pour le face-à-face, et c'est nettement mieux que le mode 2 du jeu de base.